Les perdants: Pierre Caroli et les débuts de la Réforme en Romandie, by Reinhard Bodenmann

dIS-9782503567907-1I was thrilled to find in the mail today the very new book by my friend Reinhard Bodenmann of the University of Zurich and one of the chief editors of the Bullinger Correspondence titled Les perdants: Pierre Caroli et les débuts de la Réforme en Romandie.

En présentant le parcours sinueux du docteur de la Sorbonne Pierre Caroli, ce livre permet de découvrir bien d’autres individus dont les croyances et les pratiques religieuses, aussi bien privées que communautaires, ne s’imposèrent finalement ni dans le catholicisme, ni dans le protestantisme.  Le docteur de la Sorbonne Pierre Caroli, sympathisant de la réforme catholique de Meaux étouffée en 1525 par la Sorbonne et le chancelier de France Antoine Duprat, n’était à l’aise ni dans son Eglise, ni dans les Eglises de la Réforme où il s’était réfugié au début de l’année 1535, suite à l’affaire des Placards d’octobre 1534. Ses va-et-vient entre les partis religieux lui valurent de nombreux ennemis. Alors qu’il put un temps compter sur le soutien de la reine Marguerite de Navarre, des cardinaux François de Tournon et François Guillem de Castelnau de Clermont-Lodève, ou des réformateurs Jean Le Comte, Antoine Marcourt et Thomas Malingre, il s’aliéna les bonnes grâces des ténors de la Réforme en Romandie, à savoir celles de Guillaume Farel, de Pierre Viret et de Jean Calvin. En s’appuyant sur des sources d’époque, l’auteur précise la personnalité et les étapes de vie de Caroli et parvient à établir que ce dernier ne fut certainement pas un athée, n’en déplaise à Farel et à Calvin. Le rêve prématuré (partagé d’ailleurs avec Erasme) d’une réforme qui s’opérerait au sein de son Eglise d’origine, des concours malheureux de circonstances et certains aspects de son caractère expliquent bien son destin difficile.
Thank you, Reinhard!  I’m starting it now!